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Lot : 161

Mario PRASSINOS (1916-1985). « Paysage ». Encre de Chine sur papier. Signé deux fois en bas et daté 31 Juillet 1955. Annotation « Santa Barbara », numéro d’exposition (79) et trace de cachet au dos. Dim. 48×63 cm. Petites déchirures en périphérie, quelques rousseurs.
Mario Prassinos (1916 Turquie – 1985, France), encre de Chine sur papier – signé à la plume en bas à gauche “Mario Prassinos”, signé à l’encre au centre “Prassinos” et daté en bas à droite “31 juil. 55” – Inscription manuscrite au dos, au crayon : “Santa Barbara”. Dim. 48 x 65 cm ( vérifier dim.)

Cette encre sur papier correspond à une période fondatrice qui est celle de l’installation de Prassinos dès 1951 dans le village d’Eygalières, tout proche de Saint-Rémy-de-Provence au cœur des Alpilles. S’il a peint la montagne dans sa globalité, il a travaillé de manière très précise et répétée sur des paysages immédiats, situés autour de son atelier à Eygalières, village clé de son œuvre. C’est dans les vallons arides à la terre calcaire habités d’une végétation de cyprès et d’oliviers que Prassinos a puisé les visions qui composent son oeuvre, traitée dans l’immédiateté, au moyen de l’encre de Chine dont il fera son médium.

La mention “Santa Barbara”, inscrite au dos, correspond probablement à un lieu topographique. Cette mention figure notamment sur une œuvre datée du 20 août 1955 vendue en 2009 chez Artcurial à Paris.

Mario Prassinos (1916-1985) est un peintre, graveur, illustrateur et écrivain français d’origine grecque, rattaché à la Nouvelle École de Paris. Né à Constantinople dans une famille d’intellectuels, il doit fuir la Turquie en 1922 pour s’installer en France. Au milieu des années 1930, il s’approche du mouvement surréaliste et se lie d’amitié avec des figures majeures telles qu’André Breton, Paul Éluard et René Char, avant d’exposer pour la première fois en 1938.

Dès 1947, Jean Vilar lui confie la création des décors et des costumes pour la toute première édition du Festival d’Avignon, initiant ainsi une collaboration durable avec le Théâtre National Populaire (TNP).

L’année 1951 marque un autre tournant décisif lorsqu’il s’installe à Eygalières, dans les Alpilles ; les paysages de la Provence deviennent alors la source d’inspiration centrale de son œuvre.

Le style de Prassinos évolue progressivement de la figuration vers une abstraction expressionniste très personnelle. Maître du noir et blanc, il privilégie l’encre de Chine à travers des séries thématiques obsessionnelles comme les “Arbres”, les “Pretextes” et les “Suaires”. Artiste polyvalent, il s’illustre également comme un cartonnier majeur du renouveau de la tapisserie contemporaine et collabore étroitement avec la maison Gallimard pour l’illustration d’ouvrages littéraires majeurs de Camus, Queneau ou Poe. Mario Prassinos meurt à Paris le 23 octobre 1985. Peu avant sa disparition, il fait une donation importante de son œuvre à l’État français.

Estimation : 1500/2000€


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